Etudes sur les enfants végéta*iens

Il existe plusieurs études sur les enfants végétariens, mais comme le souligne une récente synthèse (Schürmann et al. 2017, voir plus bas), elles sont trop hétérogènes pour pouvoir tirer des conclusions sur les risques ou les avantages possibles d’une telle alimentation pour les enfants.
Les études sur les végétaliens sont très peu nombreuses (2 retenues par la synthèse), anciennes, mal contrôlées, et trop faibles pour pouvoir tirer des conclusions (pas de groupe contrôle, de suivi à long terme, et d’études des biomarqueurs pour les enfants végans.
Une nouvelle étude a été lancée récemment (voir Weder et al. 2019 ci-dessous), semblant plus solide, mais les résultats actuels sont très parcellaires (jeunes enfants, pas d’investigation poussée pour l’instant… (vérifier régulièrement s’il y a des publications plus récentes et plus complètes)).
Energy, Macronutrient Intake, and Anthropometrics of Vegetarian, Vegan, and Omnivorous Children (1–3 Years) in Germany (VeChi Diet Study)
Due to the lack of current, large-scale studies examining their dietary intake and health, there are concerns about vegetarian (VG) and vegan (VN) diets in childhood. Therefore, the Vegetarian and Vegan Children Study (VeChi Diet Study) examined the energy and macronutrient intake as well as the anthropometrics of 430 VG, VN, and omnivorous (OM) children (1–3 years) in Germany. A 3-day weighed dietary record assessed dietary intake, and an online questionnaire assessed lifestyle, body weight (BW), and height. Average dietary intakes and anthropometrics were compared between groups using ANCOVA. There were no significant differences in energy intake or density and anthropometrics between the study groups. OM children had the highest adjusted median intakes of protein (OM: 2.7, VG: 2.3, VN: 2.4 g/kg BW, p < 0.0001), fat (OM: 36.0, VG: 33.5, VN: 31.2%E, p < 0.0001), and added sugars (OM: 5.3, VG: 4.5, VN: 3.8%E, p = 0.002), whereas VN children had the highest adjusted intakes of carbohydrates (OM: 50.1, VG: 54.1, VN: 56.2%E, p < 0.0001) and fiber (OM: 12.2, VG: 16.5, VN: 21.8 g/1,000 kcal, p < 0.0001). Therefore, a VG and VN diet in early childhood can provide the same amount of energy and macronutrients, leading to a normal growth in comparison to OM children.
Vegetarian diets in children: a systematic review
Schürmann S, Kersting M, Alexy U, 2017
https://link.springer.com/article/10.1007/s00394-017-1416-0
This review demonstrates that the available data do not allow firm conclusions to be drawn on the benefits or risks of present-day vegetarian-type diets with respect to nutritional or health status of infants, children, and ado-lescents. Apart from the scarcity and heterogeneity of the studies, in general, there has in particular not yet been any long-term follow-up.
[…]Increased health risks of vegetarian diets were particularly reported for iron status. Studies in children on vegan diets are scarce and the two studies identified in this review did not analyse biomarkers.

L’étude Farm

Growth of Vegetarian Children: The Farm Study
Joan M. O’Connell et al., 1989.
https://pediatrics.aappublications.org/content/84/3/475?download=true
(il est possible de trouver l’étude complète via Sci-Hub)

Growth of vegetarian children. Farm study, O’Connel 1989

Porte sur une communauté très particulière, suivie de 1980 à 1983, qui prend pas mal de compléments alimentaires (Vitamine B12, A et D, plus d’autres vitamines et minéraux, dit la publi), qui est d’un excellent niveau de compétence nutritionnelle, qui produit elle-même une part de sa nourriture. L’étude n’investigue rien d’autre que la taille et le poids des enfants, ne fait aucune recherche supplémentaire. Elle trouve une taille et un poids un peu inférieurs à la normale, mais sans que ce soit significatif (mais la comparaison se fait avec la population générale, pas avec un groupe contrôle de mêmes caractéristiques).
Une telle étude ne peut en aucun cas être extrapolée aux personnes se supplémentant uniquement en B12, à la population générale moins compétente en nutrition, aux personnes consommant une nourriture industrielle. Elle ne conclut par ailleurs rien sur d’éventuels autres aspects que le poids et la taille, et ne peut en aucun cas conclure à une absence de problèmes sanitaires des enfants étudiés, puisqu’elle ne les investigue pas. Difficile de conclure aussi sur les éventuelles conséquences à long terme d’une telle alimentation à partir d’un suivi aussi court.

Farm Study
Etudes menées par Sanders.
Plusieurs petites études, de la fin des années 1960 aux années 1990. C’est la publication de 1988 qui est retenue par la revue de Schürmann et al. 2017 pour Sanders. La seconde étude citée étant la Farm Study ci-dessus.
Vegetarian diets and children
TAB Sanders
Pediatric Clinics, 1995.
Vegetarian diets and children
TAB Sanders and Sheela Red
American journal of clinical nutrition, 1994.
Une partie du papier porte sur un sous-groupe indien végétarien. Or, les données génétiques suggèrent que les populations du continent indien ont sélectionné plusieurs modifications génétiques favorables au végétarisme, notamment les allèles favorables des gènes FADS1 et FADS2.
Sanders passe sous silence le résultat essentiel de son étude de 1992 (voir plus haut) où il constate des différences importantes de statut en DHA entre les enfants allaités de mère végane et omnivore.
Cette publication est issue de la même étude que celle de 1988.

The growth and development of vegan children
Sanders & Manning
Journal of human nutrition and dietetics, 1992
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/pdf/10.1111/j.1365-277X.1992.tb00129.x

The growth and development of the children were normal but they tended to be lighter in weight and exceptionally lean compared with standards.[…]
The results of this study show that children can be successfully reared on a vegan diet providing sufficient care is taken to avoid the known pitfalls of a bulky diet and vitamin B12 deficiency.

Growth and developpement of british vegan children
Thomas AB Sanders
American journal of clinical nutrition, 1988
https://academic.oup.com/ajcn/article-abstract/48/3/822/4716540?redirectedFrom=PDF
Sanders souligne le risque de déficience en taurine, carnitine et certains acides gras. Mais il écarte ces risques parce que les enfants peuvent les trouver dans le lait maternel. Mais l’allaitement est de durée variable, et les études de cas montrent que le lait maternel peut être déficient si la mère est carencée elle-même. En taille, on trouve environ 15% des garçons sous la limite inférieure des 3%, et en poids, environ 18% sur cette limite +- marge d’erreur. Il me semble que ce résultat devrait interpeller, et, vu le faible échantillon, appeler à la prudence et à des études plus poussées. Sanders néglige ce fait.
Sanders height of british boys
Sanders wheight of british boys
An anthropometric and dietary assessment of the nutritional status of vegan preschool children.

Sanders & Purves
Journal of human nutrition, 1981
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/7288184

The nutritional status of 23 vegan children between one and five years was assessed using anthropometric and dietary criteria. All of the children had been breastfed for at least the first six months of life and in most cases well into the second year. The majority of the children were growing normally but they did tend to be smaller in stature and lighter in weight when compared with standards. Energy, calcium and vitamin D intakes were usually below those recommended. Their diets, however, were generally adequate but a few children had low intakes of riboflavin and vitamin B12. It is concluded that, provided sufficient care is taken, a vegan diet can meet the nutritional requirements of the preschool child.

Dans celle-ci, on trouve des taux d’EPA et de DHA très bas chez les enfants végans, et un rapport oméga/6 sur oméga 3 très élevé. A l’époque, Sanders considère ça comme peu important, et du fait que le cholestérol est plus bas chez les végans, considère que le profil lipidique est meilleur chez les végans. Pas sûr qu’avec les connaissances actuelles, on puisse arriver aux mêmes conclusions :

Studies of vegans: the fatty acid composition of plasma choline phosphoglycerides,
erythrocytes, adipose tissue, and breast milk, and some indicators of susceptibility to ischemic heart disease in vegans and omnivore controls
Sanders et al.
American Journal of clinical nutrition, 1978

Cliquer pour accéder à 1e071c2a6505622eeb07c6a461560170eac6.pdf

Sanders acides gras végans 1978