Duel au coin du feu

Sur un plateau télé, un antispéciste et un mangeur de viande s’affrontent.

– Au paléolithique, la consommation de viande a été essentielle
à notre développement intellectuel, affirme le premier.
– C’est une légende urbaine ! Ce n’est pas la viande, mais le feu, qui,
en rendant les nutriments des végétaux plus disponibles,
a permis de mieux alimenter notre cerveau, répond le second.[1]

Les récits anthropogoniques et cosmogoniques sont constitutifs de toutes les sociétés primitives humaines. Comment sommes-nous apparus, pourquoi sommes-nous tels que nous sommes, pourquoi le monde est-il tel qu’il est, pourquoi la société est-elle ainsi organisée, quel aliments devons-nous consommer ? « Vous appelez cela des mythes. Nous, nous appelons cela la loi », affirmait un jour un aborigène australien au documentariste venu tenter de le comprendre.

10 000 ans se sont écoulés depuis que nos propres ancêtres ont commencé à abandonner leur vie de chasseurs-cueilleurs pour entrer dans un long processus de civilisation, et nous nous passionnons toujours aussi vivement pour l’histoire de nos origines, que nous écrivons désormais à l’aide de méthodes scientifiques toujours plus perfectionnées.

Pourtant, cette histoire porte encore sa part de mystère. Pour reprendre notre exemple télévisuel, nous ne savons toujours pas de manière certaine qui des deux débatteurs a raison dans notre histoire (nous pouvons tout de même affirmer qu’il est abusif de soutenir que l’une ou l’autre de ces hypothèses puisse être une « légende urbaine », toutes deux étant largement discutées dans la communauté scientifique).

Malgré l’état incertain de la connaissance, de nombreux débats contemporains tentent de s’éclairer à la flamme tremblante de notre connaissance des origines et de l’évolution de l’humanité. Avec peu de chances de succès : chacun, dans l’immense foisonnement des hypothèses scientifiques, a loisir de pouvoir piocher quelques études, quelques avis de chercheurs, de vulgarisateurs ou de militants allant dans le sens de ses convictions.

D’autant que, si c’est en se réclamant de la science que les anthropogonies modernes tentent de s’écrire, elles portent encore en elles les traces de mythes et préjugés anciens, dont on peut parfois suivre les cheminements et les évolutions à travers les millénaires, les courants philosophiques et les bouleversements de civilisations, rendant encore plus difficile l’évaluation objective.

C’est mon boulot de retrouver ces traces, d’en comprendre l’évolution, et d’évaluer la pertinences d’hypothèses telles que celles défendues par notre antispéciste et son contradicteur (mais ce sera pour une autre fois)…

Et donc, comme promis, l’évaluation de cet échange :
Le feu et la viande (1) : une légende urbaine ?
Le feu et la viande (2) : une question pas si simple
Le feu et la viande (3) : pertinence chronologique de l’hypothèse du feu
Le feu et la viande (4) : pertinence chronologique de l’hypothèse animale
Le feu et la viande (5) : construire et alimenter un gros cerveau

 


[1] Débat entre Aymeric Caron et Périco Légasse sur BFMTV, émission « Et en même temps », présentée par Appoline de Malherbe, le dimanche 24 juin 2018.
https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/veganisme-pour-ou-contre-1085205.html

 

 

 

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